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Rousse : « Un parcours pour les puncheuses »

Entretien.Ce jeudi, à l’occasion de la reconnaissance du parcours des Championnats de France de cyclisme sur route qui auront lieu du 28 juin au 1er juillet à Mantes-la-Jolie, Marion Rousse est revenue avec nous sur ce tracé à travers les Yvelines. Pour la consultante de France Télévisions, c’est un circuit exigeant mais pas assez difficile pour créer des différences au sein des différents pelotons élites, que ce soit chez les hommes ou chez les femmes. Mais l’ancienne championne de France 2012 reste persuadée que ce Championnat de France sourira aux audacieuses…

Marion, quel est votre sentiment après avoir reperé, avec la presse, le parcours des Championnats de France de cyclisme sur route qui auront lieu fin juin dans les Yvelines ?
Tout d’abord, ce tracé a une saveur particulière pour moi car, avec mon conjoint Tony Gallopin, on vit dans la région depuis deux ans. C’est top que ce Championnat de France ne soit pas trop loin de la maison. J’avais à cœur de reconnaître le parcours des prochains Championnats de France surtout que je serai aux commentaires, durant cette compétition, sur France Télévisions.

Qu’est-ce qui vous a le plus frappé sur ce circuit francilien ?
C’est un parcours exigeant mais il n’est pas si difficile que cela. Il n’y a pas de bosses raides pour faire des différences. Mais il y aura tout de même des passages plus difficiles à gérer. Et sur les routes étroites du circuit, un peloton aura du mal à faire la jonction sur les échappés. C’est un tracé qui reste ouvert aux attaquantes. Pour le moment, il est difficile de dessiner un scénario de course, à quelques semaines de ces France.

Selon vous, est-ce un beau parcours pour les féminines ?
De plus en plus souvent, les organisateurs de course font le même tracé pour les hommes et pour les femmes. C’est le cas sur la Tour des Flandres, la Flèche-Wallonne, ou encore sur Liège-Bastogne-Liège. Les filles ont moins de kilomètres mais elles franchissent les mêmes difficultés que leurs homologues masculins. Ce Championnat de France sera aussi beau chez les femmes que chez les hommes.

« Charlotte Bravard aura encore le temps de venir repérer ce circuit francilien avec son équipe »

Est-ce une déception pour vous d’avoir une course très raccourcie en terme de distance pour les filles ?
Seulement 103 kilomètres pour les filles. Pourtant sur les manches du World Tour féminin, les coursières parcourent en moyenne entre 130 et 150 kilomètres. C’est peu mais cela fait quelques années que l’épreuve féminine des Championnats de France est courte en terme de distance. Pour les favroites, ce sera un désavantage. Elles auraient préféré une épreuve plus longue afin de pouvoir user le reste du peloton. Mais on devrait avoir du spectacle, tout de même.

Cela vous surprend-il de ne pas avoir vu Charlotte Bravard, la championne de France, repérer le circuit des Championnats de France ?
Elle était prévue ce jeudi pour faire cette reconnaissance. En raison des grèves de la SNCF, Charlotte Bravard a déclaré forfait. C’est dommage qu’elle ne soit pas là pour nous donner son avis sur ce parcours. Elle aura encore le temps de venir repérer ce circuit francilien avec son équipe.

Charlotte Bravard aura-t-elle des chances de conserver son titre de championne de France à Mantes-la-Jolie ?
Charlotte Bravard est une superbe équipière. Pour le moment, cela n’a pas payé pour elle car elle a toujours travaillé pour ses leaders. L’an dernier à Saint-Omer, elle est partie de loin et cela a été au bout car c’est une excellente rouleuse. Cette année à Mantes-la-Jolie, Bravard pourra conserver son maillot de championne de France. Mais ce n’est jamais simple de conserver son titre nbational car il y a beaucoup de pression autour de vous, et je suis bien placée pour vous en parler. Ce sera une journée particulière pour elle. De plus, elle a l’équipe pour le faire.

« Les Championnats de France restent une course particulière. Car on a des épreuves tous les week-ends mais un maillot de Championne de France, on ne le gagne qu’une seule fois par an »

La FDJ-Nouvelle-Aquitaine-Futuroscope reste-t-elle l’équipe à battre sur ces Championnats de France ?
Cela va être difficile pour les filles qui seront toutes seules à courir contre la FDJ-Nouvelle-Aquitaine-Futuroscope. Ce sera le cas pour Pauline Ferrand-Prévot, Aude Biannic, Audrey Cordon-Ragot, ou encore Juliette Labous. Il faudra jouer avec les circonstances de course afin de mettre en place une stratégie payante pour aller chercher ce maillot bleu-blanc-rouge.

À deux mois des Championnats de France, la course est-elle déjà jouée ?
Non, je ne le pense pas. Les Championnats de France restent une course particulière. Les filles vont compter leurs coups de pédale. Car on a des épreuves tous les week-ends mais un maillot de Championne de France, on ne le gagne qu’une seule fois par an. À Mantes-la-Jolie, il y aura beaucoup de facteurs à prendre en considération pour s’imposer dans les Yvelines. Mais de nombreuses filles pourront briller sur ce racé francilien. C’est finalement un parcours pour les puncheuses. Cela reste un Championnat de France très ouvert. C’est difficile de dessiner un scénario.

Enfin, à quelques semaines des Championnats du monde d’innsbruck en Autriche, comment voyez-vous l’arrivée de Paul Brousse à la tête de l’équipe de France. Avec lui, les filles pourront-elles à nouveau décrocher ce titre mondial ?
Je le connais bien car Paul Brousse a été mon directeur sportiff, à l’époque où j’évoluais au sein de la formation Vienne-Futuroscope. C’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup. Il connaît très bien le cyclisme féminin. Il faut être honnête, le tracé d’Innsbruck est très difficile avec des pentes très raides. Seule Pauline Ferrand-Prévot semble avoir les capacités pour se battre avec les meilleures. Audrey Cordon-Ragot, qui a pris une belle sixième place sur l’Amstel Gold Race, aura un rôle de capitaine de route sur cette compétition. Mais j’ai toujours confiance en Pauline. Elle revient en forme cette année. Et récemment, la Champenoise a réalisé une belle prestation sur la Flèche-Wallonne (elle termine 24e). Si elle a de bonnes sensations, la Champenoise peut être capable de faire de grandes choses aux Mondiaux d’Innsbruck.

Légende photo : La consultante de France Télévisions, Marion Rousse, s’attend à un Championnat de France très ouvert (Ladies Sports)

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Coston : « Je n’arrive pas encore à réaliser »

Interview.Deux jours après sa première victoire en Coupe de France, Morgane Coston revient sur son beau succès en solitaire, ce lundi à Mont Pujols. La coursière de la formation de St-Julien-en-Genevois ne réalise toujours pas. Pour elle, « c’est une victoire collective avant tout ». Grâce à ce succès, Coston prend les commandes du général, et son équipe s’empare de celui du classement par équipes. Maintenant, il faudra confirmer, le 13 mai prochain sur le Grand Prix d’Izernore.

Morgane, quel sentiment prédomine-t-il après votre succès à Mont Pujols ?
Je n’arrive pas encore à réaliser. J’essaie de me dire que c’est bien moi qui ait franchi la ligne d’arrivée en tête. Je tiens à remercier mes coéquipières qui ont fait un travail extraordinaire. Sans eux, je n’aurais pas pu m’imposer, il y a deux jours à Mont Pujols.

Pourquoi vous n’arrivez pas à réaliser ?
Il y a encore cinq ans lorsque j’ai commencé à pratiquer le vélo, je n’imaginais pas une seule seconde remporter une course en Coupe de France. J’en étais capable, et mon entourage le pensait, mais j’avais encore quelques doutes.

Avec cette victoire, les doutes sont levés ?
Oui, forcément. En plus, je me sentais bien physiquement. Je me suis dit que j’avais du potentiel surtout après un hiver aussi difficile à gérer. J’ai été blessée au genou et j’ai repris le chemin de l’entraînement qu’en janvier dernier. Cela me donne beaucoup de confiance pour la suite de ma saison.

« On a bien cadenassé cette course »

Comment avez-vous géré cette course ?
Après l’échappée partie au kilomètre zéro, je ne me suis pas affolée. Une de mes coéquipières, Alice Coutinjo, est partie en contre. Derrière, on n’avait plus besoin de rouler. On contrôlait le groupe pour protéger Alice. Par la suite, on a repris la course à notre compte afin de réduire l’écart avec le groupe de tête. Au fil des kilomètres, j’ai rejoint l’échappée matinale. Et dans la dernière ascension, je m’envole vers la victoire finale.

Ce maillot de leader va-t-il vous mettre davantage de pression sur les épaules ?
Je suis plutôt sereine car on a une superbe équipe. Du coup, je sais que toutes les filles vont œuvrer ensemble afin de protéger ce maillot de leader du classement général. Je n’ai aucune appréhension concernant ce classement.

Vous êtes également en tête du classement par équipes, on a l’impression que St-Julien-en-Genevois a franchi un cap ?
On a plusieurs filles bien placées à l’arrivée. On s’empare du classement par équipes. Cette année, on a une équipe avec des profils divers et variés. Sur une épreuve comme Mont Pujols, les rouleuses ont eu leur rôle à jouer afin de protéger les leaders de l’équipe. Elles se mettent au service de l’équipe. Cela nous a permis de contrôler l’écart avant d’aller chercher la gagne. On a cadenassé cette course…

« On a une équipe bien plus complète que l’an passé »

Cette année, St-Julien-en-Genevois semble intouchable ?
Intouchables, je ne sais pas, mais on ne doit pas en être très loin. En tout cas, on est solidaires car on a des talentueuses. On a une équipe bien plus complète que l’an passé.

Y-aura-t-il un mano à mano avec l’équipe de Morteau-Montbenoit ?
Cela dépendra de la manière dont les filles de Morteau-Montbenoit vont vouloir courir, cette année. Sur Mont Pujols, elles n’ont pas pesé sur cette première manche de Coupe de France. On alors a pris un petit avantage sur Morteau au classement par équipes. En ce moment, on est au mano à mano avec le club breton de Breizh Ladies qu’avec celui de Morteau-Montbenoit.

D’un point de vue comptable, le fait d’avoir si peu d’épreuves peut-il vous permettre de tout rafler cette année ?
Pour les classements, c’est un avantage d’avoir si peu de manches de Coupe de France. En plus, la plupart des courses auront un profil relevé. Ce format de calendrier semble un peu moins exigeant que celui de l’an dernier. C’est une bonne chose pour nous car toutes les filles seront présentes sur toutes les courses, cette année…

Légende photo : Première victoire en Coupe de France pour Morgane Coston (Compte Facebook Coston)

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Une première difficile pour Cloarec

Compte-rendu.L’essentiel était ailleurs pour Marine Cloarec. Malgré son classement au-delà de la centième place, ce lundi sur le Prix de la ville de Mont Pujols, la coursière de la formation St-Michel-Auber93 ne garde que le côté positif pour ses débuts en Coupe de France. Maintenant, il faudra continuer à travailler techniquement pour faire beaucoup mieux sur les prochaines épreuves du calendrier national.

« Je vais découvrir la Coupe de France. Je viens sur ces manches pour acquérir de l’expérience. Mais je sais très bien que cette épreuve sera très dure pour moi », nous avait-elle alors confié avant de disputer sa première course en Coupe de France avec la Division Nationale d’Auber93. Ce lundi à Mont Pujols, Marine Cloarec a découvert ce qu’était le baut niveau. Mais elle n’a pas à rougir de sa prestation du jour.

« Je n’ai aucun regret car je pensais que j’allais exploser plus tôt dans la course. Je suis satisfaite car je termine, certes loin de la gagnante du jour Morgane Coston (107e, à 2’20’’), mais dans le deuxième peloton. Je suis relativement contente de ma prestation du jour. Pour une première, je m’en suis plutôt bien débrouillée », relativisait-elle. Mais Une course qui n’aura pas été de tout repos pour Cloarec.

Cloarec : « Une épreuve très difficile pour ma part »

« Cela a été une épreuve très difficile pour ma part. Dès le départ, c’était très nerveux au sein du peloton. Il y a eu de nombreuses chutes dans le premier tour. C’était assez stressant car je n’avais jamais vu cela en course. Je n’étais pas rassurée car j’avais chuté à Dugny. Je ne voulais pas à nouveau mettre pied à terre. Mais j’ai été de mieux en mieux au fil des tours. Malheureusement, en raison de mon mauvais placement dans le peloton, je n’ai pas réussi à revenir sur l’échappée initiale », résumait-elle.

Malgré cette petite erreur technique, Cloarec sait qu’elle a encore une belle marge de progression. « Je vais devoir travailler davantage sur mon placement au sein du peloton afin de ne plus me faire piéger comme cela a été le cas à Mont Pujols. Ensuite, je pense que mon niveau physique va s’améliorer au fil de la saison. Je n’ai pas d’inquiétude sur mon état de forme. Je suis persuadée que je peux mieux faire à l’avenir », précisait-elle.

Un peu comme à l’image de son équipe. « Sandrine Bideau était forcément déçue après sa trentième place obtenue à Mont Pujols, soulignait-elle. Ayant fourni beaucoup d’efforts tout au long de la journé, Sandrine espérait sans doute décrocher un meilleur résultat sur cette course. Mais c’est de bon augure pour la suite de la saison. » On verra bien si, le 13 mai sur la Grand Prix d’Izernore, Marine Cloarec dit vrai.

Légende photo : L’apprentissage est dure pour Marine Cloarec (Compte Facebook Cloarec)