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Benjamin Edelin : « Je suis heureux pour Laëtitia »

Interview. Benjamin Edelin est un coach heureux. Ce samedi à Saint-Quentin-en-Yvelines, Laetitia Besnard a réussi sa tentative de record de l’heure. Sur la piste du vélodrome national, La licenciée de l’EC Vélizy 78, qui souffre d’une rectocolite hémorragique, a réalisé 40,95km/h. C’est une grosse performance même si pour Benjamin, elle avait les 43km/h dans les jambes.

Benjamin, quel sentiment prédomine-t-il après la tentative de record de l’heure réalisée par Laëtitia Besnard ?
Pour être honnête avec vous, j’ai senti Laëtitia un peu stressée. C’est un peu normal ! Sur un effort aussi difficile, il faut réussir à garder la bonne cadence durant une heure. En effet, ce n’est pas chose aisée. Pour Laëtitia, je pense qu’il y a un peu de frustration car elle espérait atteindre les 43km/h. Elle pouvait aller un peu plus vite sur la piste. Aujourd’hui, elle réalise un peu plus de 40km/h. C’est dommage car à l’entraînement, elle tournait un peu plus vite. Malheureusement, ce samedi midi, son allure était un peu en dessous de ce qu’elle visait à Saint-Quentin-en-Yvelines. Cependant, la performance reste très belle.

Vous êtes tout de même satisfait de la prestation de votre athlète ?
Il y a beaucoup de satisfaction. Laëtitia a couru durant une heure. C’est un effort difficile pour son corps. Bien évidemment, elle a consenti à faire de nombreux sacrifices pour réaliser ce record de l’heure. Vous savez lorsque l’on a un objectif en tête, on est en capacité d’accepter beaucoup de choses car on sait où on va.

Avec la maladie de Laëtitia, comment avez-vous préparé un tel rendez-vous ?
La préparation a été longe. On a fait en sorte que les sacrifices sur l’hygiène de vie et sur les entraînements soient réalisés au mieux. Cela a été le cas. On a également connu des hauts et des bas dans cette préparation. Par la suite, on a connu des difficultés sur un cycle de travail qui était important pour nous. Laëtitia a connu un gros ocup de faituge. On a dû réadapter nos entraînements. Le haut niveau, ce n’est que de l’adaptation en permanence. La qualité d’un entraîneur est de savoir s’adapter tout le temps pour aller chercher la performance. Comme je l’ai dit à Laëtitia, à chaque fois que l’on s’adapte, on sort de notre plan de travail idéal.

>« Laëtitia a réalisé un peu plus de 40km/h. Moi, je ne le fais pas, aujourd’hui »

Cela représente combien d’heures d’entraînements par semaine ?
C’est très variable. Cependant, cela représente entre quatorze à quinze heures d’entraînements par semaine. Cela dépendait de nos séances de travail. Soit on bossait sur du qualitatif ou sur de gros blocs de travail. Ensuite, si Laëtitia se sent un peu fatiguée, on raccourcit les séances d’entraînements. Par la suite, on en rallongera d’autres pour rattraper notre retard. L’objectif de Laetitia était de garder une intensité constante. Et elle a réussi à rouler durant une heure à 40km de moyenne. Ce n’est pas rien ! Lorsque l’on se rapproche de ce rendez-vous, on met moins de volume pour conserver cette intensité afin de ne pas encrasser le moteur. J’ai peur qu’il l’était sur cette tentative de record de l’heure.

Avez-vous mis en place un tableau de marche chronométrique pour espérer viser 42 ou 43km/h ?
On avait calé sur 21’’2 au tour. C’est le temps qu’elle devait faire durant ce premier quart d’heure. Malheureusement, elle est partie trop vite . Dès le départ, elle avait une seconde plus vite sur son tableau de marche. J’ai dû lui dire de ralentir la cadence. Elle a alors rectifié le tir au bout de quatre minutes. C’est peut-être cela qui lui a manqué à la fin pour aller chercher les 42 ou 43 km/h. Seule, elle pourra vous le dire. Sur un tel effort, si vous partez trop vite, vous allez être en résistance durant une heure. Au final, il vaut mieux démarrer doucement pour trouver son rythme de croisière, et ainsi pouvoir accélérer dans les dernières dix minutes.

N’avait-elle pas un braquet trop gros pour réaliser ce record de l’heure ?
On avait choisi de mettre un 55’’14 comme braquet. Elle arrivait à l’emmener sur les phases d’entraînements. Au bout du deuxième tour, on aurait dû l’arrêter pour lui changer son braquet. Là, dans sa tentative de record de l’heure, on ne pouvait pas le faire descendre de la piste.

Vous êtes un coach heureux ?
Je suis heureux pour Laëtitia car elle a réalisé une prestation de haut vol sur une heure. Cependant, je suis un peu frustré car Laëtitia aurait pu mieux faire. Malheureusement, le moteur était un peu encrassé, car à une semaine de ce record, elle n’a pas trouvé le temps pour continuer à faire tourner les jambes. Je pense que cela a un peu impacté sa performance du jour. Je suis content pour elle. Je suis également satisfait de tout mon travail accompli depuis ces derniers mois avec elle. Mais je ne suis jamais satisfait à 100% car je suis toujours exigeant avec moi-même, et avec ceux ou celles que j’entraîne. J’aurais aimé un peu plus de rigueur jusqu’à la fin pour réaliser une grosse performance le jour j. Laëtitia a réalisé un peu plus de 40km/h. Moi, je ne le fais pas, aujourd’hui. Laëtitia a accompli une performance solide, ce samedi à Saint-Quenint-en-Yvelines.

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L’argent fait le bonheur de Clara Copponi et Marie le Net

Pour leur première association sur un Championnat du monde, Clara Copponi et Marie Le Net ont décroché, ce samedi après-midi, la médaille d’argent sur l’Américaine des Mondiaux de piste disputés à Berlin. Le titre est revenu à la paire néerlandaise composée de Kirsten Wild et Amy Pieters. De leurs côtés, les Italiennes, Letizia Paternoster et Elisa Balsamo, complètent ce podium.

C’était un peu la soupe à la grimace pour les filles de l’équipe de France. Pour l’heure, elles n’étaient montées sur aucun podium depuis le début de ces Mondiaux de piste disputés à Berlin. Clara Copponi et Marie Le Net leur ont redonné le sourire. Ce samedi après-midi, la paire française a décroché une belle médaille d’argent sur l’épreuve de l’Américaine.

Au terme d’une course palpitante, les deux jeunes femmes de la FDJ-Nouvelle-Aquitaine-Futuroscope avait un plan en tête. « On savait qu’on était en second rideau, si on se contentait des sprints, ça ne suffisait pas. Il fallait qu’on attaque pour tenter de prendre un tour », annonçait Marie Le Net, sur le site internet de DirectVélo. Leur tactique a plutôt bien fonctionné sur cette piste berlinoise.

Le Classement

« On a gagné deux classements ce qui nous a mis en haut du classement. Devant, c’était quitte ou double ! il fallait tenir le plus longtemps possible. Quand on a vu les meilleures revenir de derrière, on s’est relevé. Ensuite, il fallait s’accrocher car c’était terriblement dur », a raconté la Bretonne du duo tricolore. Les Françaises étaient dans le match pour le podium.

Le dernier sprint allait être décisif. Au final, Clara Copponi a réussi à s’arracher pour conserver cette deuxième place, juste devant les Italiennes Letizia Paternoster et Elisa Balsamo. Car devant, la paire composée de Kirsten Wild et Amy Pieters, paraissaient intouchables dans la quête de ce maillot arc-en-ciel. « Il y a un écart de niveau, de force. Mais on garde la marche à combler pour cet été », prévenait la Provençale. Cet été à Tokyo, Clara Copponi et Marie Le Net pourrait bien se la jouer à l’Américaine…

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Marie Patouillet part à la conquête du monde

Portrait. Médaillée de bronze l’an dernier à Apeldoorn aux Pays-Bas, Marie Patouillet espère faire aussi bien voire mieux cette année aux Championnats du monde de paracyclisme sur piste à Milton au Canada (30 janvier au 2 février). Engagée sur l’épreuve du 500 mètres départ arrêté, la licenciée de l’US Créteil, entraînée par Grégory Baugé, espère bien que tous les sacrifices consentis depuis près d’un an commencent à porter leurs fruits. Avec à la clé les Jeux Paralympiques de Tokyo2020 en ligne de mire…

« C’est l’objectif phare de ma saison », nous confiait l’intéressée. À partir de ce jeudi, et jusqu’à dimanche, Marie Patouillet espère bien décrocher le plus beau des métaux à Milton (Canada), à l’occasion des Championnats du monde de paracyclisme sur piste.

Dix mois plus tôt, Marie Patouillet décrochait la médaille de bronze, sur le 500 mètres départ arrêté, lors des Mondiaux qui se sont déroulés à Apeldoorn en mars 2019. Depuis, la jeune femme en a fait du chemin. Tout débute en 2017. Cette année-là, on va lui offrir un dossard pour s’aligner sur l’Étape du Tour. Une fois, la ligne d’arrivée franchie, elle décide de prendre une licence handisport pour pratiquer le cyclisme handisport. Un pari gagnant.

En pleine apprentissage

Née avec une malformation au niveau du pied gauche, Marie « manque de puissance de ce côté ». Cela ne l’a pas arrêté puisqu’elle a tout mis en oeuvre depuis plus d’un an pour tutoyer les sommets. Cette dernière a rejoint le club de l’US Créteil pour les étapes les unes après les autres. « Ce club m’a permis de progresser relativement vite. Je prends tout ce qu’il y a à prendre. Par ailleurs, Grégory Baugé, qui m’entraîne, m’apporte m’apporte beaucoup et me partage toute son expérience », avance-t-elle. Et les résultats commencent à porter leurs fruits sur la piste.

Sur la scène nationale, on peut pas vraiment pas savoir si Marie progresse tant la concurrence est inexistante. « Au niveau français, la densité est pauvre. Il n’y aucune concurrence », lâche-t-elle. Alors pour pouvoir progresser, Marie a décidé de participer à l’épreuve du 500 mètres départ arrêté chez les valides, à l’occasion des Championnats de France sur piste disputés en août dernier à Saint-Quentin-en-Yvelines. « C’était bien de pouvoir se mesurer à des athlètes comme Mathilde Gros. Cela me permettait de me mettre dans l’ambiance et d’acquréir de l’expérience en vue des Mondiaux Handisports », rappelle-t-elle.

Tokyo2020 en ligne de mire

Avec à la clé une belle surprise en décrochant une belle médaille de bronze chez les valides. « C’est un bonheur immense de décrocher cette breloque », souffle-t-elle. Le plus important, c’est que Marie a gagné cinq dixièmes depuis les derniers Championnats du monde hollandais. Un temps qui lui assurerait un nouveau podium à Milton. « Le temps réalisé à Saint-Quentin-en-Yvelines va sans doute me permetetre de changer la couleur de la médaille », espère-t-elle.

Et pourquoi pas songer au titre mondial sur le 500 mètres départ arrêté. Pour cela, il faudra encore elver son niveau et réaliser un temps canon. Rien n’est impossible pour Marie Patouillet. Car son objectif numéro un reste la qualification pour les Jeux Paralympiques de Tokyo2020 avec à la clé un podium au Japon. Et pourquoi ne pas la voir aux Jeux Olympiques.

« Non, on ne verra que sur les Jeux Paralympiques si j’arrive à me qualifier. Pour pouvoir espérer participer aux Jeux Olympiques, il faudrait réaliser les temps de Mathilde Gros », ajoute-t-elle. L’impensable pourrait un jouer devenir réalité pour Marie Patouillet…